Nous sommes en Amazonie. Il fait chaud, le temps n'existe plus et la vie grouille de partout. L'Amazonie est immense et si fragile, elle représente l'Europe entière mais chaque seconde c'est 100 mètres carré de vie qui brûlent, qui disparaissent à jamais. Nous approchons d'une des dernières tribus indiennes libres du monde. Les derniers hommes libres. Des hommes qui vivent en osmose avec la nature, avec eux mêmes et avec la vie. Ils dorment dans des hamacs sous des abris et sont nus. Nous les voyons ensemble, le grand père, le fils, le petit fils ensemble. Les familles se mélangent, il ne connaissent pas la guerre ni la prison. Qu'est-ce que le mal? Qu'est-ce que la punition? Leur société est basée sur le partage et l'équilibre. Ce sont des hommes qui comprennent que toute la nature forme une âme et qu'ils font parties de cette âme commune. Ils savent ne pas gaspiller, enfin non, ils ne savent pas ce qu'est l'abondance. Nous remarquons que la plupart de leurs journées est pour l'amusement, la rêverie, le repos, l'ennui, les liens car ils ne passent que 2 heures aux tâches ménagères. Alors nous leur demandons s'ils savent ce qu'il y a après la forêt, ce qui se passe de l'autre côté de la terre. Ces hommes pensent que ce qu'il y a après ne leur regarde pas, que c'est au delà de leur propre vie l'autre côté. Pour tout cela, ils sont libres. Ils vivent sans se soucier du temps, mais en prenant le temps d'aller lentement. Ils n'ont pas de biens matériels, aucune attache autre que la famille. Ils se touchent, se câlinent, rient, partagent, parlent, sont égaux. Libres et égaux, mais surtout humains. Ces hommes nous donnent une vraie part de sagesse humaine, sont beaucoup plus intelligents que notre civilisation basée sur la compétition, l'individualisme, l'abondance, la superficialité. Ushuaia Nature m'a ouvert les yeux sur nous mêmes. Pourquoi ne vivons que par haine, par plaisir, par toujours plus, par envie et non par liberté, par bonheur, par insouciance? Écoutons nous encore la nature? Est-ce qu'on s'écoute au moins entre nous? Société déprimée et où la devise principale est : Chacun pour soi. J'aimerais pouvoir un jour dire que je suis capable de me réaliser moi même sans cette société meurtrie. Déshumanisation.